Description
Le recours à la Monnaie de Philadelphie pour la frappe de cette pièce s'explique directement par le contexte de la Seconde Guerre mondiale. La Belgique étant sous occupation allemande depuis mai 1940, la production monétaire ne pouvait plus être assurée normalement sur le territoire métropolitain ni dans les ateliers habituels. Le Congo belge, resté sous l'autorité du gouvernement belge en exil installé à Londres, continue toutefois de fonctionner et doit maintenir une circulation monétaire adaptée aux besoins de son vaste territoire. Dans ce contexte, les États-Unis, alliés de la Belgique, mettent leurs capacités industrielles au service des nations engagées dans l'effort de guerre.
Cette émission se distingue par une erreur typographique notable dans sa légende : le terme « Belgish » y figure à la place de la forme correcte « Belgisch ». Cette faute d'orthographe, vraisemblablement introduite lors de la gravure des coins à Philadelphie, a conduit les autorités monétaires à remplacer rapidement ce type par une nouvelle pièce de forme ronde, frappée cette fois à Pretoria, en Afrique du Sud.
En 1943, le roi Léopold III, capturé par les forces allemandes après la capitulation belge de 1940, est maintenu en résidence surveillée, ce qui l'empêche d'exercer pleinement ses fonctions. Le gouvernement belge en exil poursuit alors la gestion des affaires nationales et coloniales, notamment celles du Congo belge, dont les ressources stratégiques, parmi lesquelles le cuivre et l'uranium, jouent un rôle important dans l'effort de guerre allié. C'est dans ce cadre que la production de monnaies coloniales est confiée à des ateliers alliés éloignés, comme celui de Philadelphie. La frappe de cette pièce illustre ainsi la coopération économique et industrielle entre les puissances alliées durant le conflit mondial.



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